Validation de l’utilisation d’un nouvel habitat de fraie par le saumon atlantique

Depuis le moratoire qui a mis fin aux opérations de la zec de la rivière Jacques-Cartier, aucun saumon n’a été en possibilité de frayer en aval de la centrale McDougall à Pont-Rouge. Aucun ensemencement n’a été fait non plus puisque le secteur n’apparaissait pas comme étant de qualité comparativement aux sections de rivière situées au parc de la Jacques-Cartier, à Stoneham-et-Tewkesbury et à Saint-Gabriel-de-Valcartier. À la suite de la rupture du barrage Donnacona en 2014, certains individus n’ont pu être transportés et ont dû frayer entre les gorges Déry et l’embouchure de la rivière, section historiquement inaccessible.

Afin de déterminer si ce secteur possède les qualités d’habitat requises à la reproduction naturelle et à la survie des alevins, la CBJC, ayant obtenu du financement du Fonds Héritage Faune, a mis sur pieds un projet de pêche expérimentale à l’électricité sur la rivière Jacques-Cartier. Pour ce faire, dix sites de fraie potentiels ont été identifiés, caractérisés et échantillonnés par pêche électrique en 2015 et 2016. À l’aide d’un appareil spécialisé (dans ce cas-ci, généreusement prêté par le département de biologie de l’Université Laval), un faible courant électrique est envoyé dans le cours d’eau. Le courant étourdit les poissons à proximité qui sont alors faciles à capturer.

 

L’exercice a permis de recenser deux alevins de saumon, soit un en 2015 et un en 2016. Dans les deux cas, les alevins ont été capturés dans un tributaire de la rivière Jacques-Cartier : la rivière aux Pommes. Caractérisé par une eau plus fraîche et des débits plus faibles, ce tributaire semble montrer des conditions plus propices à la reproduction du saumon que le tronçon principal de la Jacques-Cartier. Cependant, le faible taux de capture concorde avec la faible qualité du cours d’eau qui subit de fortes pressions anthropiques. Ce projet a aussi permis de caractériser la qualité de l’habitat de fraie disponible dans ce tronçon, de documenter la présence de nouvelles frayères, d’évaluer la présence d’espèces compétitrices pour les juvéniles de saumon atlantique, d’évaluer le succès de reproduction du saumon (présence de tacon 0+) et de réviser le potentiel salmonicole de cette section de la rivière qui était jusqu’à présent peu documentée.

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