Définitions et rôles

Le 16 juin 2017, l’adoption de la Loi concernant la conservation des milieux humides et hydriques a permis au Québec de se doter d’une définition claire de ces milieux

Ces milieux sont : « des lieux d’origine naturelle ou anthropique qui se distinguent par la présence d’eau de façon permanente ou temporaire, laquelle peut être diffuse, occuper un lit ou encore saturer le sol et dont l’état est stagnant ou en mouvement. Lorsque l’eau est en mouvement, elle peut s’écouler avec un débit régulier ou intermittent. Un milieu humide est également caractérisé par des sols hydromorphes ou une végétation dominée par des espèces hygrophiles.

Sont notamment des milieux humides et hydriques :
– Un étang, un marais, un marécage et une tourbière
– Un lac, un cours d’eau, y compris l’estuaire et le golfe du Saint-Laurent et les mers qui entourent le Québec;

– Les rives, le littoral et les plaines inondables des lacs et cours d’eau, tels que définis par règlement du gouvernement  »

Étang

Milieu humide dont le niveau d’eau en étiage est inférieur à 2 m. Il y a présence de plantes aquatiques flottantes ou submergées ainsi que de plantes émergentes dont le couvert fait moins de 25 % de la superficie du milieu.

Marais

Milieu humide dominé par une végétation herbacée croissant sur un sol minéral ou organique. Les arbustes et les arbres, lorsqu’ils sont présents, couvrent moins de 25 % de la superficie du milieu. Le marais est généralement rattaché aux zones fluviales, riveraines et lacustres, le niveau d’eau variant selon les marées, les inondations et l’évapotranspiration. Un marais peut être inondé de façon permanente, semi-permanente ou temporaire.

Marécage

Milieu humide dominé par une végétation ligneuse, arbustive ou arborescente, représentant plus de 25 % de la superficie du milieu, et croissant sur un sol minéral de mauvais ou de très mauvais drainage. Le marécage est soumis à des inondations saisonnières ou est caractérisé par une nappe phréatique élevée.

Tourbière

Milieu humide caractérisé par une accumulation de tourbe d’au moins 30 cm. On reconnaît deux grands types de tourbières, ombrotrophe (bog) et minérotrophe (fen), selon leur source d’alimentation en eau. Une tourbière peut être ouverte (non boisée) ou boisée. Dans ce dernier cas, elle est constituée d’arbres de plus de 4 m de hauteur et présente un couvert égal ou supérieur à 25 %.

Rive

Bande de terre qui borde les lacs et les cours d’eau et qui s’étend vers l’intérieur des terres à partir de la ligne des hautes eaux. Deux distances peuvent être attribuées à la rive dépendamment de la pente et de la hauteur du talus, soit 10 ou 15 mètres.

Littoral

Partie des lacs et des cours d’eau qui s’étend à partir de la ligne des hautes eaux vers le centre du plan d’eauLe littoral peut également être défini avec la cote d’inondation d’ une crue de récurrence deux ans.

Plaine inondable

Espace occupé par un lac ou par un cours d’eau en période de crue. Elle correspond à l’étendue géographique des secteurs inondés. La zone de grand courant correspond à la partie de la plaine inondable susceptible d’être inondée lors d’une crue de récurrence de 20 ans. La zone de faible courant correspond à la partie de la plaine inondable située au-delà de la zone de grand courant et qui peut être inondée lors d’une crue de récurrence de 100 ans.

La Loi définie également les fonctions écologiques (rôles) de ces milieux humides et hydriques

1° de filtre contre la pollution, de rempart contre l’érosion et de rétention des sédiments, en permettant, entre autres, de prévenir et de réduire la pollution en provenance des eaux de surface et souterraines et l’apport des sédiments provenant des sols;

2° de régulation du niveau d’eau, en permettant la rétention et l’évaporation d’une partie des eaux de précipitation et des eaux de fonte, réduisant ainsi les risques d’inondation et d’érosion et favorisant la recharge de la nappe phréatique;

3° de conservation de la diversité biologique par laquelle les milieux ou les écosystèmes offrent des habitats pour l’alimentation, l’abri et la reproduction des espèces vivantes;

4° d’écran solaire et de brise-vent naturel, en permettant, par le maintien de la végétation, de préserver l’eau d’un réchauffement excessif et de protéger les sols et les cultures des dommages causés par le vent;

5° de séquestration du carbone et d’atténuation des impacts des changements climatiques;

6° liées à la qualité du paysage, en permettant la conservation du caractère naturel d’un milieu et des attributs des paysages associés, contribuant ainsi à la valeur des terrains voisins