Étude sur le suivi des saumoneaux en dévalaison

Les saumons se reproduisent et naissent dans la rivière Jacques-Cartier, mais passent une à trois années en mer entre-temps. Le phénomène que l’on nomme la « dévalaison » se déroule entre 2 et 3 ans après la naissance des alevins qui, après avoir subi une importante transformation pour devenir des saumoneaux, se laissent emporter par la crue printanière (entre la mi-mai et le début de juillet). Par les activités de transport et d’ensemencements, la Corporation du bassin de la Jacques-Cartier (CBJC) connait précisément le nombre de géniteurs revenants de la mer et peut ainsi estimer la production d’œufs, mais jamais il n’a été possible de quantifier l’importance ou le nombre de saumoneaux en migration.

L’année 2016 est la troisième année de trois du programme de décompte des saumoneaux financés et en collaboration avec la Fondation pour la Conservation du Saumon Atlantique (FCSA), RSP Énergie inc. et le MFFP direction de la Capitale-Nationale et direction de la Faune Aquatique. La CBJC tente de déterminer le nombre de saumoneaux en migration par une technique dite de « capture-marquage-recapture ». Cette technique consiste à capturer un certain nombre de saumoneaux, à les marquer à l’aide d’une seringue injectant un liquide de couleur sous la peau, puis à les remettre à l’eau en amont du point de capture. Le nombre de poissons capturé, marqué ou recapturé (marque de couleur provenant d’une autre journée de capture) est soigneusement noté pour toute la période de dévalaison. C’est par des formules statistiques que le nombre total de saumoneaux peut être obtenu. En plus de ces informations, il a aussi été considéré que les saumoneaux provenant de la pisciculture de Tadoussac ont eu une nageoire coupée, avant leur ensemencement, pour les différencier de la reproduction naturelle.

Marquage_Crédit CBJC_c

Ce sont des nouvelles très encourageantes pour la CBJC. Les taux de survie (oeufs-saumoneaux) d’origine naturelle estimés à 4,0% en 2015 et 3,4% en 2016 sont supérieurs au taux observé dans les rivières témoins de la Côte-Nord et de la Gaspésie (1,5%). Des mesures prises sur des individus ensemencés et sauvages ont indiqué que la taille moyenne est supérieure aux rivières témoins et qu’il n’existe pas de différence marquée entre les deux groupes de saumoneaux. Il semble donc que les saumons de pisciculture s’adaptent bien aux conditions de la Jacques-Cartier. Les résultats démontrent que la ressource saumon de la rivière Jacques-Cartier se porte bien, mais le nombre total d’individus est toujours sous le seuil de conservation fixé.

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